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Bienvenue dans l'ère de la consommation d'occasion phygitale !

Dans une logique d’économie circulaire, afin de limiter le gaspillage, les plateformes en ligne de mise en relation entre particuliers comme Le Bon Coin ou Vinted et les dépôts-ventes de produits d’occasion rencontrent un succès grandissant. Ainsi, les consommateurs n’hésitent plus à acheter d’occasion, que ce soit des vêtements mais aussi du mobilier, de l’électroménager ou encore du matériel de puériculture. Alors, avec un marché de l’occasion qui devrait peser 50 milliards d’euros dans le monde d’ici 2022 (Source : Xerfi), comment les retailers s’impliquent-ils dans ce nouveau mouvement pour une consommation plus raisonnée ?

 

En magasin, les retailers font de la place pour des produits d’occasion au côté des produits neufs

 

Que ce soit de façon ponctuelle ou plus pérenne, les enseignes s’organisent pour faire de la place dans leurs rayons et installer des corners de produits d’occasion. C’est le cas du groupe ÏDKIDS, qui organise depuis 2017 dans les magasins Oxybul, éveil et jeux des ÏDTROC quatre fois par an. Durant ces périodes, les parents sont invités à déposer en magasins les livres et jouets qui ne sont plus utilisés par leur(s) enfant(s). Ces produits sont ensuite mis en vente dans les rayons et à la fin de l’opération, les familles récupèrent une carte cadeau correspondant au montant des objets invendus. Les invendus peuvent être récupérés ou donnés à une association par l’enseigne. Des ÏDTROC sont également organisés dans les autres enseignes du groupe, Okaïdi et Jacadi. Au total, ce sont ainsi plus de 220 000 produits qui ont entamé une seconde vie depuis 2016 : 60% ont été revendus et 70 000 ont été donnés à des associations. Autre chiffre : 98% des clients qui ont déposé des produits de seconde main ont récupéré en moyenne une carte cadeau de 50 euros ! 

 

IDTROC

Autre enseigne engagée, Décathlon, qui organise plusieurs Trocathlons dans ses magasins. Souvent thématisés : vélo, golf, ski, équitation etc., certains durent quelques semaines tandis que d’autres sont ouverts toute l’année. Pour revendre un produit, il suffit de l’inscrire sur la plateforme dédiée ligne pour qu’il soit intégré au moteur de recherche et de le déposer ensuite en magasin. La personne sera réglée en bon d’achat valable dans l’enseigne. Ce lien entre plateforme digitale et magasins a pour avantage de permettre de voir au préalable quels sont les produits de seconde main disponible par points de vente et donc de ne se déplacer que si l’on trouve un objet d'intérêt. Pour rassurer les clients, certains produits bénéficient d’une garantie “satisfait ou remboursé”. 

 

Decathlon

 

Enfin, plus récemment, c’est la grande distribution qui s’essaie à la vente de produits d’occasion dont E.Leclerc avec son nouveau concept E.Leclerc Occasion, des espaces dédiés aux produits d’occasion dans les hypermarchés. Le premier corner a été testé en 2018 à Roques-sur-Garonne (31), s’en sont suivis vingt-cinq autres Leclerc Occasion à fin 2019 et le distributeur prévoit d'arriver à 130 sites d'ici  fin 2020 ! Les produits concernent le non-alimentaire : informatique, jeux vidéo et consoles, petit et gros électroménager, livres, bijoux, téléphones et tablettes, articles de sport et vélos etc. Comme pour les autres enseignes, les clients viennent au comptoir dédié déposer leurs objets et estimer le prix de vente puis récupèrent une carte cadeau du montant fixé. Pour les acheteurs, les produits sont garantis 12 mois. 

 

espace-vente E.Leclerc

 

On constate ainsi que le marché de l’occasion touche tous les secteurs :  par exemple, près de 60% des Français ont déjà acheté ou revendu en ligne des articles culturels d'occasion et un Français sur cinq achète au moins une fois par mois un article culturel de seconde-main ! (Source : Momox et Kantar).

 

Les retailers ouvrent des plateformes d’achat/ revente de produits d’occasion en ligne

 

D’autres enseignes, cette fois-ci, plutôt dans le textile ont fait le choix de faciliter l’achat-revente de vêtements d’occasion en ligne. C’est le cas de la marque Camaïeu qui a lancé Camaieu and Cie, le vide-dressing. Les clientes y  inscrivent leur vêtement (de la marque Camaïeu mais aussi d’autres marques) et choisissent jusqu’à trois magasins de dépôt possibles. Une fois le produit vendu, la personne a cinq jours pour venir déposer le vêtement en magasin pour que l’acheteuse puisse le récupérer et elle est ensuite payée en cash. Pas de bon d’achat donc pour chercher à récupérer du chiffre d’affaires sur l’enseigne ni de restriction de la part de Camaïeu, la marque joue simplement le rôle d’intermédiaire. 

 

camaieu-vide-dressing-mode-occasion

 

Autre enseigne a proposé un service similaire, Cyrillus, avec le site Seconde Histoire. La marque a ici, néanmoins, mis une restriction sur l’achat-revente de vêtements de la marque Cyrillus. Les vendeurs ont ensuite le choix entre être payé en cash également ou en carte cadeau, le montant sera alors abondé de 50 % par rapport au prix de la vente réalisée.

 

Enfin, l’enseigne Petit Bateau a fait le choix de proposer ce service non pas sur son site web mais sur son application mobile avec un onglet dédié “Les occasions”. Chaque personne inscrite peut ainsi poster une annonce ou contacter un vendeur par email ou téléphone. La marque laisse ensuite aux acheteurs et vendeurs la liberté de convenir ensemble du mode de paiement et de la remise du ou des produits. 

 

Selon les marques, le rôle est donc légèrement différent dans cette prise de position pour l’économie circulaire : tantôt elles jouent un rôle de connecteur entre les clients tandis que pour d’autres initiatives, elles prennent en charge la totalité du parcours logistique. Toutes néanmoins, ont ce même objectif de participer à ce changement de paradigme, où le marché d’occasion est en passe de prendre le pas sur la fast fashion : on lui estime un chiffre d’affaires de 44 milliards de dollars d’ici 2028, avec une croissance de 12% par an (Source : Boston Consulting Group et Vestiaire Collective).

 

Les pure-players de la vente d’occasion ouvrent  des points de vente physiques

 

Enfin, dernier mouvement en date, face justement au développement des dépôts-ventes et des corners chez les retailers, celui des pure-players spécialisés dans la vente de vêtements d’occasion, qui entreprennent d’ouvrir leurs propres boutiques physiques. C’est le cas par exemple de la nouvelle application DePop, à la frontière entre Vinted et Instagram qui s’adressent majoritairement à la Gen Z,  qui a ouvert des magasins à Londres, New York et Los Angeles.

 

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Sur la plateforme, pas de photos de produits accrochés sur un cintre mais plutôt des vêtements portés dans une ambiance lifestyle, et en magasin il y a même des espaces pensés spécialement pour faciliter la prise de ce type de photos.

 

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Fabien Dutrieux
Fabien Dutrieux